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Collection

Trésors pré-eyckiens des anciens Pays-Bas

De l’or et et de la délicatesse pour exprimer symboliquement le divin

Une des grandes étapes de la peinture des Pays-Bas méridionaux est sans nul doute la révolution que représente l’art des Primitifs flamands. Au 15e siècle, Hans Memling, Rogier van der Weyden et Jan Van Eyck impressionnent par leur maîtrise virtuose de la peinture à l’huile et leurs représentations détaillées, combinant une palette de couleurs encore inégalée et une lumière à l’intensité éblouissante. Mais cette révolution picturale prend en réalité ses racines dans quelques enluminures, retables, reliquaires, sculptures et panneaux peints antérieurs à 1420. Deux de ces œuvres pré-eyckiennes, classées comme « Trésor » par la Fédération Wallonie-Bruxelles, sont conservées dans notre musée.

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Vers 1415-1420 (coll. Société archéologique de Namur, inv. n° 36)

Panneaux de Walcourt

Découverts en 1866 dans la collégiale Saint-Materne à Walcourt, ces deux panneaux en chêne peint devaient à l’origine servir de volets pour un « retable-reliquaire » au sein d’une autre église de la province de Namur.

Exceptionnelle, la composition est exécutée dans la technique de la « peinture plate ». À l’arrière-plan, se mêlent constructions architecturales gothiques, fonds bleus parsemés d’aigles dorés et dallages très travaillés. Particulièrement soigné, ce décor sert de cadre à quatre grandes figures aux visages délicats, aux attitudes maniéristes et aux riches vêtements dorés.

Inconnu, l’artiste de ces panneaux se rattache au courant pré-eyckien. Il semble avoir parfaitement assimilé le style international français de la fin du 14e siècle et les principes figuratifs de la peinture allemande. Il pourrait dès lors s’agir du travail de Pietrekin Woutre de Cologne, habitant en 1397 à Namur.

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Vers 1400 (coll. Société archéologique de Namur, inv. n° 150)

Châsse-reliquaire de saint Maurice

Provenant très probablement de l’abbaye des Prémontrés à Floreffe, cette châsse en chêne peint a été offerte en don à la S.A.N. par l’évêque de Namur en 1858. Décorée de scènes du martyr de saint Maurice d’Agaune, elle présente une forme architecturale imitant les reliquaires antérieurs en métaux précieux.

La technique et la vivacité des couleurs employées ont nécessairement requis un artiste à la main experte. Mais le caractère admirable de l’œuvre réside surtout dans la qualité exceptionnelle de sa dorure. Les feuilles d’or ont été appliquées sur un support rouge (bolus). Elles ont ensuite été poinçonnées à main levée pour dessiner le pourtour des tuiles du toit et pour orner les espaces entre les personnages, de rameaux et de feuillages délicats.

Le travail en relief dans les fonds dorés est l’une des caractéristiques récurrentes de ces œuvres pré-eyckiennes. Il rappelle les pièces exécutées sur des métaux précieux, à une époque où les artistes-décorateurs s’essaient, avec virtuosité et raffinement, à une grande variété de techniques.

Détail de la châsse-reliquaire de saint Maurice (©KIK-IRPA, Brussels)

Avec les peintres pré-eyckiens, la réalité et l’art s’associent dans un espace et un volume renouvelés. Les gestes et les attitudes des figures traditionnelles représentées deviennent le reflet d’un naturalisme teinté d’un certain maniérisme. Les mains se parent de doigts délicats, dans un décor raffiné où se mêlent architecture et tissus. La volupté des soies et des brocarts appliqués, la profusion de feuilles métalliques préformées et/ou perforées, les délicats pastiglia et sgraffi, ou encore les précieuses incrustations font simplement de ces témoins du passé – annonçant la fin du Moyen-Âge et le début de la Renaissance – des œuvres incontournables.

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